Voici un roman qu'il ne faut pas mettre entre toutes les mains, ou alors si mais avant rangez votre morale au vestiaire, laissez votre raison à la maison, et soyez prêt à être le témoin nu d'une histoire d'amour où la violence, la corruption et le sadisme seront la ponctuation du meurtre. Régis Jauffret s'inspire très librement d'un fait divers, l'assassinat du banquier suisse Edouard Stern par sa maitresse Cécile Brossard lors d'un jeu sado-masochiste qui aurait mal tourné. Le banquier est devenu un magnat russe, richissisme, puissant, influant mais dont la vie est menacé par des intérêts russes politiques. Il entretient une relation avec une femme qu'il soumet à des jeux érotiques dont il devient au fur et à mesure de leurs ébats un objet de soumission, il se rend volontairement vulnérable à cette femme dont le mari est lui même victime et vit la frustration et l'exploitation éhonté, c'est lui qui lui donne de l'argent pour vivre sa passion avec son amant. Si le magnat russe fixe les règles du jeu, c'est elle qui domine. Nous devenons alors voyeur complice, et nous errons spectateur soumis à la violence et aux humiliations qui montent crescendo jusqu'à l'accomplissement du meurtre, mise en scène volontaire ou choix d'un condamné à mourrir par la main aimée. Régis Jauffret a pris le parti de nous placer sous le point de vue de son héroîne, éprise d'un amour dont elle supporte toutes les contradictions, aveuglement du dominé au dominant soit ! mais amour pour un homme qui ne triche pas et qu'elle tuera comme l'accomplissement d'un dernier acte d'amour !Severe